Questions de l'Éditeur
à Pascal et à Lizou


Où l'on voit que l'éditeur, malgré ses propres récits érotiques, est un homme un peu coincé sur le plan sexuel et un romantique impénitent concernant les femmes.



QUESTIONS A PASCAL :

1 ° Tous les hommes comprendront facilement votre intérêt pour le triolisme, tel que vous le développez dans le chapitre 2. Par contre, je crois que seule une minorité comprendra que vous vouliez partager les merveilles de Lizou avec des étrangers. J'avoue que cette question m'interpelle fortement. Ayant une nature possessive, comme beaucoup de latins, j'ai du mal à comprendre ce goût du partage.
Dans mon esprit, l'échangisme ne se conçoit que lorsque l'homme dispose d'une femme qui ne le satisfait plus, pour laquelle il n'a plus une attirance très forte ou dont il n'est peut-être plus amoureux. Dans ce cas, je comprends très bien qu'il veuille l'utiliser comme monnaie d'échange, pour bénéficier de rapports avec d'autres femmes. Visiblement, ce n'était pas du tout votre cas.


D'abord, notre comportement est beaucoup plus répandu que vous pouvez le croire. Lors de nos aventures libertines, nous avons, certes, rencontré des couples dont chaque membre se servait, comme vous le notez, de l'autre comme "monnaie d'échange" pour obtenir les faveurs ou, pire, l'usage, d'un tiers partenaire, mais également pas mal de couples qui avaient développé une excellente et harmonieuse complicité sexuelle, comme celle que nous avons essayé de pratiquer (George et Lucie, Corine et Richard, et d'autres...) et qui, curieux du plaisir de leur propre conjoint, en avaient, si je peux dire, "externalisé" la cause, le partenaire, afin de mieux en observer les manifestations. Il nous semble que ceci s'est encore plus répandu depuis, cf des récits comme "La vie sexuelle de Catherine M.".
Pour ce qui nous concerne, une très amoureuse complicité a été, de pair avec une recherche du plaisir toujours sous contrôle, les leitmotiv de cette période libertine. Elle est fondée sur une franchise totale en ce qui concerne désirs et fantasmes et une parfaite égalité qui fait que les taches ménagères se sont toujours partagées entre nous de manière peu conventionnelle et jamais figée. Ceci est du, nous semble-t-il au fait que, travaillant tous les deux, nous avons toujours eu le sentiment de ne pas dépendre de l'autre, ni matériellement, ni même sentimentalement, notre amour (maintenant mué, comme il est normal, en tendresse mutuelle) étant un choix librement consenti par chacun.

Par ailleurs, vous savez que, selon des statistiques récurrentes, 80% des hommes trompent leur épouses et que 50% des femmes en font de même. Après tout, ce que nous avons fait n'est qu'organiser entre nous un système d'adultère consenti, et dont nous avons même fait un moteur supplémentaire de plaisir. Mais vous avez pu voir avec quelles règles, quelles précautions et une sorte "d'audit" permanent nous l'avons élaboré. Lorsque les limites de tolérance pour l'un ou l'autre nous semblaient approcher dangereusement, nous arrêtions nos rapports avec la ou les personnes concernées (voir épisode de Julie à La Réunion). L'adultère ordinaire, nous ne l'aurions pas supporté, et nous ne serions certainement plus ensemble si cela était arrivé.

Bien que tout à fait latin moi-même, j'ai été élevé dans le respect et l'admiration de la femme. Il s'ensuit que je crois ne pas être macho au sens méditerranéen du terme. Cette égalité entre nous que j'ai déjà mentionnée, je n'ai eu aucune peine à l'admettre et à l'intégrer. Je pense que mon admiration pour Lizou (outre une sensualité exacerbée, d'ailleurs partagée par mon épouse) est le point de départ de nos projets de "diversification sexuelle". Il s'agit peut-être d'une part, en ce qui me concerne, de l'orgueil de celui qui, ayant le sentiment de vivre avec un être extra-ordinaire, souhaite se valoriser lui-même en permettant à d'autres d'accéder à ce jardin secret. Et d'autre part, chez moi aussi, une amoureuse curiosité pour voir comment sa femme jouit vraiment, sans que cette observation soit partiellement occultée par son propre plaisir.


2 - N'éprouviez-vous aucune jalousie en voyant votre femme prendre du plaisir avec un autre homme ?


Bien sur, comme la plupart des hommes, je ressens, et je ressentais une jalousie d'autant plus forte que Lizou était (est encore) une très jolie femme et qui suscitait les désirs. C'est bien pourquoi nous avons attendu trois ans avant le premier vrai rapport de Lizou avec un étranger à notre couple. C'était le temps que cette jalousie s'estompe du fait de la confiance que nous avons l'un en l'autre et que le temps avait confortée. Par ailleurs, le fait que tout se passe d'un commun accord, au grand jour, toujours ensemble, ne laissait guère de place à ce sentiment de jalousie qui s'épanouit plutôt dans les ténèbres du doute et de la méfiance. Et le fait qu'un homme la pénètre et jouisse en elle faisait partie de cette acceptation qui s'était établie peu à peu.


3 - Après qu'elle ait été pénétrée par un autre homme, votre femme ne vous paraissait-elle pas souillée ?


La notion de souillure me semble une notion d'ordre religieux qui ne nous est pas apparue comme significative.


4 - Quand on a atteint ce niveau de libertinage, comment peut-on revenir en arrière et reprendre une vie de couple " exclusif ", comme vous êtes supposé l'avoir fait ?


Après cette période d'environ 5 ans "d'expérience", cela ne nous a pas vraiment posé de problèmes ! Et puis, comme nous l'indiquons dans la conclusion, il nous est encore arrivé de succomber lorsque les amis avec qui nous nous trouvions nous plaisaient, d'abord relativement fréquemment puis de façon de plus en plus espacée et enfin plus du tout. C'est que nous avions d'autres centres d'intérêt, des enfants, les nouveaux modes de vie à mettre en place dans tous les pays (un tous les deux ans, environ) où nous avons vécu, et le sentiment que, en matière d'érotisme à plusieurs, nous avions plus ou moins fait le tour de la question, en ce qui nous concernait, du moins....Et puis, surtout, la rédaction de ce récit, qui nous a tenu en haleine de longs mois (car, bien sur, nous n'avions pas que cela à faire !) et qui nous a permis de nous souvenir avec plaisir (parfois regret...) de nos différentes aventures au cours de cette période et d'en retenir les épisodes qui nous semblaient les plus intéressants. Cette rédaction a réellement joué le rôle d' un dérivatif pour calmer d'éventuelles nouvelles poussées de fièvre échangiste. Et, la confiance entre nous demeurant très vive, les tentations que nous avons eues, du coté de Lizou comme du mien, nous avons réussi à les "désarmer" en en parlant ensemble, parfois, mais je n'en dirai pas plus, au prix d'un sacrifice passager.




QUESTIONS A LIZOU :


Je vois bien, belle Lizou, à la lecture du texte, votre cheminement vers l’offrande de votre corps à un autre homme qui vous est indifférent sur le plan sentimental, en présence de votre mari, mais je souhaiterais que vous l’explicitiez avec vos propres mots.

Avant de vous donner mes réponses à vos très indiscrètes questions, je désire vous fournir quelques précisions. Pour moi, ce récit, terminé il y a maintenant un certain nombre d'années, est une histoire ancienne. Même si je me souviens sans déplaisir aucun, et même avec une certaine nostalgie, de cette période libertine, et que je n'en renie rien, elle est révolue et je suis heureuse que d'autres centres d'intérêt se soient fait jour, qui m'occupent à plein temps. L'essentiel est la tendresse qui nous lie toujours, Pascal et moi, et que notre complicité d'alors a certainement contribué à renforcer. La rédaction de nos aventures a vraisemblablement joué le rôle d'un exutoire pour nos sensualités d'alors, tout à fait débordantes...
Pour ce qui est de notre récit, s'il est vrai que c'est Pascal qui en avait alors été le narrateur et le rédacteur principal, je l'avais inspiré, à part égale avec lui, notamment concernant le choix des épisodes relatés, et j'avais aussi largement contribué à ses corrections et à sa finition. J'aurais, pour ma part, été un peu plus discrète sur certains aspects de ma personne, mais cela est secondaire, compte tenu de l'importance qu'y attache Pascal.


1 – Comment peut-on s’offrir à un inconnu, pour lequel on n’a aucun sentiment tendre, quand on est une femme pudique et fidèle, comme vous l’étiez ? La question se pose avec encore plus d’acuité lorsqu’il s’agit de caresses que l’on va pratiquer à cet homme pour le faire jouir. Quant on a franchi ce pas, comment revenir en arrière et ne plus considérer l’acte sexuel comme la simple satisfaction d’un besoin élémentaire, dépourvu de connotations sentimentales ?

Il me semble que c'est en Occident et uniquement ici que l'on a lié le désir -et donc le plaisir- féminin et un quelconque tendre sentiment. Disons qu'une attirance, pas seulement physique, est suffisante si le "climat" de la rencontre est suffisamment érotique. La vogue de l'échangisme qui ne se tarit pas montre qu'une femme peut parfaitement avoir du plaisir avec un inconnu. Un exemple exotique : en Inde, où les femmes sont connues comme, peut-être, les plus sensuelles du monde, quasiment tous les mariages sont arrangés par les parents. Croyez-moi, cela n'empêche pas ces femmes de rechercher et de trouver la jouissance. Et s'il est vrai que j'étais -et que je reste- une femme fidèle, cette fidélité s'est bien accommodée de la complicité sexuelle expliquée par Pascal, dans la mesure où tout s'est toujours passé en toute franchise, et ensemble. Quant à ma "pudeur", celle-ci qui était, lorsque j'étais très jeune, liée à ma grande timidité, s'est largement estompée au cours des années.


3 – Quand vous pensez à cette période de votre vie, éprouvez-vous un peu de honte et quelques remords ou, au contraire, avez-vous l’impression d’avoir perdu une source de plaisirs bien agréable ?

Je n'ai ni honte ni regret de cette période, mais suis, par contre, extrêmement consciente de la chance que les très bonnes conditions sanitaires nous offraient, à cette époque, ce qui n'est certainement plus le cas maintenant, malheureusement.


4 – Après que votre mari vous ait obligé à faire l’amour avec d’autres hommes, en sa présence, l’avez-vous considéré d’une autre façon ?

Pascal ne m'a jamais "obligée" à faire l'amour avec d'autres hommes. Cela fut, comme il le précise, l'aboutissement d'un processus long et réfléchi, bien qu'ayant comporté quelques hésitations -comme en Thaïlande-, d'une sorte d'initiation, où j'ai choisi moi-même le moment de franchir le pas. Et du fait de ce véritable consensus entre nous, il n'y a pas eu de changement de comportement de ma part envers lui.


5 – Faites-vous une distinction entre vos rapports saphiques et ceux qui étaient hétérosexuels ?

Je n'ai jamais été vraiment attirée par les femmes. Celles que j'ai "connues", ce fut le fruit des circonstances, du climat érotique qui régnait à ce moment-là. Et, c'est vrai, aussi parce que je savais ainsi faire plaisir à mon mari. Mais je serais aujourd'hui incapable de différencier les types de plaisir, lesbien et hétérosexuel, encore que le second m'ait laissé de meilleurs souvenirs.


6 – Aujourd’hui, quand vous voyez un homme attirant physiquement, regrettez-vous d’avoir changé de comportement sexuel ?

????? !!!!!!



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